Pour moi, cette image d’une porte mauresque examine la relation de l’humanité avec les conflits — et les façons dont nous embellissons les structures de nos peurs.
[—>Accéder directement à la page d’acquisition de cette sérigraphie]
Tolède est une ville-palais fortifiée, connue comme la ville des trois cultures. Son histoire civilisationnelle remonte à plus de 2 000 ans. Des exilés juifs s’y sont installés après la destruction de Jérusalem en l’an 70 de notre ère. La ville avait déjà été mentionnée dans la littérature romaine à cette époque.

Le passé tumultueux de cet ancien bastion est défini par des conflits qui ont fait passer Tolède d’un centre tribal celtique préhistorique à une ville romaine, puis à une forteresse wisigothe, à la conquête islamique de la péninsule ibérique au VIIIe siècle, à la reconquête chrétienne et aux révolutions et guerres modernes.
Aujourd’hui, cette puerta se trouve sur la longue promenade piétonne en montée qui commence au Puente de Alcántara, un pont traversant le Tage, et se termine dans un magnifique palais au sommet d’une colline. Le portail est un exemple parmi tant d’autres ici illustrant le style architectural mauresque établi en Espagne pendant des siècles de domination arabe, et préservé par des monarques ultérieurs qui ont apprécié sa force gracieuse et sa beauté.
Lorsque je me suis tenu dans cette porte, j’ai réalisé l’épaisseur du rempart qu’elle traverse. Il s’agit en réalité de deux portes — l’une entrant dans l’enceinte de la ville depuis l’extérieur, et l’autre sortant de l’enceinte vers l’intérieur de la citadelle. De hautes barrières de pierre enserrent le passage, du lierre vert dégringole du ciel azur, le soleil projette des lignes d’ombre spectaculaires.
J’ai particulièrement aimé la composition créée par les ombres entrecroisées ainsi que les doubles portes (et l’ombre d’une troisième). Les nombreux types de pierre et la maçonnerie magistrale créent une texture complexe. J’ai apprécié le défi de les représenter dans l’ombre inégale projetée par les arbres hors de vue au-dessus. Alors que je dessinais rapidement cette scène, quelques touristes sont passés devant moi en direction du palais. Les brises agitaient le lierre et rafraîchissaient l’espace désormais paisible à l’intérieur.
Ce mur, et la ville fortifiée au-delà, sont le produit de la peur et de l’instabilité — mais un produit magnifique, qui mérite d’être visité et contemplé.
« Puerta de Alcántara, Tolède, Espagne » est disponible en tant que sérigraphie en édition limitée, encadrée ou non, digne d’être collectionnée.

